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Crise =?windows-1252?Q?financi=E8re_=3A_contre_la_circul?=
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"o.gehaime"
le :
mardi 06 mai 2008 a 10h12
http://www.stop-finance.org/Crise-financiere-contre-la
Crise financière : contre la circulation des capitaux
Rouge, n° 2247, 10 avril 2008
jeudi 1er mai 2008, par Jean-Marie Harribey
Lancée fin mars par plusieurs économistes européens, dont des militants
d’Attac, la pétition « Spéculation et crises : ça suffit ! » a déjà
rassemblé plus de 18 000 signatures (note 0.gehaime: Plus de 34 000 au 6
mai). Nous avons demandé à Jean-Marie Harribey, économiste et
co-président d’Attac France de nous présenter cette campagne.
Propos recuillis par Stéphanie Treillet, Rouge, n° 2247, 10 avril 2008
Qu’elle est la démarche qui a abouti à cette pétition ?
A l’origine de cette pétition, il y a eu le contact que Frédéric Lordon
et moi avons noué avec une cinquantaine d’économistes européens pour
prendre une initiative capable d’alerter l’opinion publique sur la
gravité de la crise financière et sur l’urgence à mettre un terme à la
débauche de spéculation et à la frénésie de profits de la part d’un
capitalisme financier dans lequel l’arrogance des détenteurs de capital
est proportionnelle à l’aggravation des inégalités dans le monde entier.
En effet, la crise n’est pas due à un manque de « transparence des
marchés financiers » ou à une défaillance des « procédures de
sécurisation » des transactions, ou encore à un défaut de « moralité ».
Elle est l’aboutissement de l’évolution du capitalisme vers sa logique
la plus pure et en même temps la plus sauvage : rendre de la valeur aux
actionnaires, finalité suprême de la libéralisation du mouvement des
capitaux, de la déréglementation, de la prolifération des produits
financiers, de la titrisation et de la dépolitisation des banques
centrales pour qu’elles servent mieux les marchés financiers. Une
logique insoutenable parce qu’elle se nourrit d’un renforcement de
l’exploitation de la force de travail : salaires déconnectés de la
productivité du travail, protection sociale et droit du travail
amoindris, avec au bout du compte un asservissement des sociétés à la
finance, du Nord au Sud de la planète.
Que revendique-t-elle précisément ?
La revendication immédiate est très simple : puisque le nœud de la
financiarisation est la totale liberté accordée aux capitaux de circuler
et que tous les traités européens interdisent d’y mettre le moindre
obstacle, il est temps d’exiger l’abrogation des articles précis
codifiant cette « interdiction d’interdire » et la « liberté
d’établissement » qui donne la possibilité au capital de s’installer là
où les conditions lui sont le plus favorables.
Fondamentalement, il s’agit de saisir l’occasion de cette crise
financière pour montrer la nécessité impérieuse d’établir un contrôle
public sur le système bancaire, et en premier lieu sur les banques
centrales, pour les mettre au service de l’activité utile et de
l’emploi. C’est une condition nécessaire à un partage plus favorable des
revenus en faveur du travail après trois décennies de politiques
néolibérales.
S’inscrit-elle dans les campagnes de refus d’une Europe libérale et
est-elle en continuité avec la revendication de taxe Tobin qui a été à
l’origine d’Attac ?
Le point commun avec la taxe Tobin est que nous devons nous attaquer à
la circulation des capitaux. Mais la démarche d’ensemble, ici européenne
mais dont la vocation est de s’étendre au monde, dépasse l’objectif de
simple régulation des marchés. Au-delà, l’enjeu est de remettre en cause
la marchandisation généralisée des activités humaines et des biens
communs, dont la finalité est l’accumulation de richesses entre les
mains d’une classe minoritaire qui s’arroge le droit de décider du sort
de l’humanité et de la planète en prétendant que la rentabilité
financière est le bon guide pour parvenir au bien-être général.
"Spéculation et crises : ça suffit !" Déjà plus de 30 000 signatures.
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