Le dieu des banques =?windows-1252?Q?reconna=EEtra_les_siens?=

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de : "o.gehem"
le :mercredi 02 avril 2008 a 20h21

http://www.bakchich.info/article3133.htm....
Le dieu des banques reconnaîtra les siens
Banques centrales de tous les pays unissez-vous ! Et sauvez les pôvres
banques privées qui ont eu les yeux plus gros que le ventre.
La crise bancaire s’amplifie et les spécialistes ont dû changer leur
diagnostic. À l’origine, on parlait d’illiquidité, c’est-à-dire que les
banques avaient potentiellement de quoi tenir leurs engagements, mais
que leurs avoirs n’étaient pas mobilisables instantanément.
Elles avaient besoin de prêts relais que les banques centrales
s’employaient à fournir. Ce fut le cas en décembre dernier et tout
devait rentrer dans l’ordre. Mais voilà, tout n’est pas rentré dans
l’ordre et désormais on parle de plus en plus d’insolvabilité : les
banques n’ont pas, en regard de leur dette, l’équivalent sous forme
d’actifs.
La baisse des prix de l’immobilier dévalorise ce qu’elles peuvent
fournir et déséquilibre leurs comptes. Leurs actionnaires vont donc être
appelés à la rescousse. Dans un premier temps, par la perte d’une partie
des fonds propres. Avant que l’on voit ce qu’il en sera l’été venu. Ce
mécanisme de perte des fonds propres s’est concrétisé spectaculairement
avec le rachat de la banque américaine Bear Stearns par JP Morgan. Il y
a un an, l’action valait 180 dollars. Aujourd’hui le rachat a été
envisagé pour deux dollars.
Le principal actionnaire, un Anglais du nom de Joe Lewis aurait ainsi
perdu dans l’affaire un milliard de dollars et serait devenu le premier
d’une longue série de floués. Pour l’instant, il hurle à la
confiscation, accuse la Réserve fédérale américaine de parti pris en sa
défaveur parce qu’il est européen et a déjà obtenu que JP Morgan remonte
sa proposition à 10 dollars. Les crocodiles se déchirent dans un marigot
où il y a de moins en moins à manger …
Le « club Med » comme modèle
En Europe, la BCE se donne jusqu’à juin pour avoir un état précis des
lieux. Ce qui lui remonte pour le moment comme informations, c’est que
les banques les plus fragiles ne sont pas celles que l’on croit. La
Bundesbank peste de plus en plus contre les pratiques des banquiers
allemands, tandis qu’à Francfort, on donne en modèle l’action de la
banque d’Espagne. Le « club Med », comme on appelait les pays du sud de
l’Europe à Berlin au moment du passage à l’euro, a mieux géré ses
finances privées que l’Allemagne où tout un réseau de banques
semi-publiques affichent des résultats catastrophiques. L’État allemand
va être appelé à la rescousse mais Bruxelles, au nom de la sacro-sainte
concurrence, réclame une remise en ordre et des réformes. Entre les
fraudeurs du fisc et les banquiers incompétents, le patronat germanique
passe un mauvais moment. Résultat, au sein de la coalition, les
sociaux-démocrates sont en train de se dire que la situation consolide
les positions d’Oskar Lafontaine et de son parti sur le dos des bastions
traditionnels de la social-démocratie et qu’il va falloir réagir par un
coup de barre à gauche.
En France, la banque de France essaie également d’y voir clair. Victime
désormais acquise, le gouverneur, Christian Noyer, que de l’Élysée aux
dîners en ville, on trouve insignifiant. Point commun avec l’Allemagne,
les banques les plus plombées sont celles ayant un statut dérogatoire
par rapport à celui d’une banque traditionnelle comme le Crédit agricole
et les Caisses d’épargne. BNP Paribas, qui s’en sort plutôt bien, mène
maintenant son action sur le thème « Pour vivre heureux, vivons caché ».
Quant à la Société générale, elle est en passe de se sortir de son
mauvais cas. Nouveau banquier, les anciens CCP devenus la Banque postale
affichent une situation plutôt favorable, si bien que Bercy se demande
comment utiliser ce réservoir de sagesse…